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Projet Grand Mère

Présentation

Que devient un atelier de portés acrobatiques lorsque tourner la tête est difficile, lever le bras douloureux, plier les genoux impossible ? Mais que malgré tout, ces dames sont volontaires, prêtes à essayer, une fois en confiance… C’est que la plupart d’entre elles ont une peur terrible de la chute. Cette crainte s’incorpore insidieusement, et petit à petit, elles n’osent plus. Ne plus courir, ne plus sauter, ne plus se pencher. Et à force de ne plus faire, évidemment, le corps désapprend. Le muscle fond, l’articulation rouille, l’image même du geste se délite.

Alexandre Fray donne à voir les enjeux du geste de porter grâce au contact particulier avec la femme âgée. Qu’est ce que porter : qu’est ce que prendre en charge, qu’est ce que prendre soin? Ou comment, au moment ou l’étau de l’inéluctable tend à resserrer son emprise sur les corps et les vies, envisager la relation acrobatique comme une manière de réouvrir les possibles.

Cette matière a pour but principal de donner lieu à la création d’un spectacle d’environ une demi‐heure, pour un acrobate et une grand‐mère amateur, ainsi qu’à une forme non‐scénique d’exposition ou d’installation l’accompagnant. Considéré comme un projet perméable, la porte reste ouverte à d’autres propositions artistiques donnant à voir à leur manière cette relation, et enrichissant d’autant l’aventure. L’édition d’un ouvrage, la réalisation d’un court métrage, et des performances en espace public sont également en devenir.

Plus d’infos

Note d'intention

« J’avais pourtant des rêves, maman » n’est pas simplement un projet de spectacle.

Il s’agit d’abord de multiplier les rencontres, les manières d’appréhender l’autre, dans la diversité de son âge et de sa culture. Tout mon travail de porteur acrobatique et d’artiste est orienté vers cette rencontre avec l’autre, dans la mise en lumière de ce qui fait la spécificité et la beauté d’une relation toujours particulière.

Mais cette fois ci, il ne s’agit plus en face de moi d’un partenaire circassien, du voltigeur avec qui je travaille habituellement, mais de personnes n’ayant a priori rien à voir avec le milieu du spectacle. Dans la naissance de ces rencontres, il ne peut s’agir d’être pressé, et je ne veux absolument pas précipiter le cours des choses.
Ce que je cherche, c’est rencontrer des personnes d’horizons divers, des enfants, des adultes et particulièrement des personnes âgées. Prendre le temps de cette rencontre, se raconter, s’écouter beaucoup, créer le climat propice à une mise en confiance, à un rapprochement, pour pouvoir ensuite évoluer vers un travail physique.
Il est hors de question de brusquer le contact. Il s’agit d’une recherche d’intimité, empreinte de beaucoup de délicatesse. On n’en arrive pas soudainement à porter un inconnu, à s’abandonner dans les bras de quelqu’un sans cette attention particulière.

Je souhaite amener ces personnes rencontrées vers un univers du porté qui m’est propre, où prime l’intimité, la relation à l’autre. Aller le plus loin possible, tranquillement, avec chacun, dans le respect de ses peurs, de ses envies… Voir ce qui se trame dans ses moments extraordinaires où l’on accepte pour la première fois d’être décollé du sol. Etre attentif à l’émotion qui se dégage lors de ce travail.
De ces délicates expériences, je souhaite garder et offrir un maximum de traces, des enregistrements de voix, des photos, filmer certains passages, écrire beaucoup.

Des traces pour faire exister l’instant, le pérenniser, le rendre visible. Des traces comme future matière de ce projet en devenir, dont j’espère découlera une forme scénique que j’ignore encore. L’écriture d’une pièce dont les rôles seraient repris par les personnes rencontrées localement lors d’un travail préalable, peut-être.
Là aussi, il faudra être extrêmement vigilant, veiller à ce que la, les personnes se sentent bien, en confiance. Ne rien forcer, et être entièrement à l’écoute, dans la préparation et dans l’instant. Vivre intensément le moment. Tout se passe dans l’attention à l’autre. »

Alexandre Fray

Equipe et partenaires

 L’équipe de création se constitue autour d’un noyau de 3 personnes :
  • Alexandre Fray : acrobate, porteur, initiateur du projet
  • Cathy Blisson : scribe, collecte de paroles et rédaction des écrits
  • Miriam Kooyman : assistante mise en scène, organisation des matériaux photos et vidéos

Production : Un loup pour l’Homme

Partenaires coproduction et résidences : Théâtre d’Arles – scène conventionnée pour les nouvelles écritures, Houdremont scène conventionnée – La Courneuve (93), Le Manège Scène nationale de Reims, CG92/Théâtre Firmin Gémier La Piscine Antony, Le Sirque Pôle National des Arts du cirque de Nexon